| | Tous ces bonheurs que le voyageur rafle dans sa course, il les concentre, le soir, sur la page de son cahier. C’est la promesse de ce rendez-vous vespéral avec une page vierge qui l’incite, le jour durant, à mieux faire provision de ce qui l’entoure. Pour le marcheur au long cours, l’écriture est le plus intense moment d’apaisement. Le point d’orgue posé sur la portée du jour. Les muscles se reposent sur le cahier. L’esprit se réfugie dans l’agréable fouille de la mémoire. En écrivant, le soir, le voyageur, continue sa route sur une autre surface, il prolonge son avancée sur le plan de la page. Tout comme lorsqu’il abat les kilomètres pas à pas, il trace son sillon ligne à ligne. Dans la même solitude, il va sur son terrain d’aventure le jour, et sur son terrain d’écriture le soir. Petit traité sur l'immensité du monde de Sylvain Tesson
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